Un ouvrage façonné par l’homme

Les marais un soir de 2021 - en drone

A l’ouest de la Loire-Atlantique, au fil des siècles, l’homme et l’océan ont façonné la presqu’île guérandaise pour en faire les marais salants les plus septentrionaux d’Europe.

Ils s’étendent sur plus de 2600 hectares et 9 communes différentes sur un sol argileux formant une véritable “prairie marine”.

Sauvé de haute lutte des dents des pelleteuses et des mains des promoteurs dans les années 70.

Aujourd’hui, une grande partie a été remise en état et est exploitée par près de 400 paludiers.

La tradition a traversé le temps, préservant les gestes de récolte adaptés à ce milieu spécifique.

Utilisation du jeu des marées, recours à 3 types de bassins, récolte quotidienne en milieu humide, absence de mécanisation, taille humaine des exploitations…

Les marais salant de Guérande sont divisés en une mosaïque de bassins séparés par des talus argileux et alimentés en eau par des canaux.

La presqu'île est protégée par un imposant système de digues qui requiert une maintenance constante par les paludiers pour éviter la submersion des terrains à marée haute. Car oui les marais sont en dessous du niveau de la mer!

On y trouve aussi des dunes, des marais d'eau douce ou saumâtres et de larges étendues de vase appelées les traicts.

C’est un milieux aquatiques très diversifiés avec des niveaux de salinité différents qui favorisent la présence d'une flore et d'une faune très variées.

On peut y observer près de 180 espèces d'oiseaux : avocette élégante, échasse blanche, anatidés et limicoles en fonction des saisons.

A la périphérie des marais salants, les bassins d'eau douce ou saumâtre sont des paradis pour les crapauds, grenouilles, canards et tritons.

Sur le traict qui permet à la mer de rentrer dans les marais s’est développé toute une production de coquillages (huître, moules, palourdes, coques) complémentaire avec celle du Sel.

La production de sel remonte à l'époque gallo-romaine et les paludiers perpétuent d’aujourd’hui ce savoir-faire identiques depuis 1 000 ans.

Leur travail pérennise l'équilibre naturel et la qualité architecturale du site.

Le sel de Guérande est bien plus que du « sel », c’est la promesse qu’agriculture et biodiversité peuvent coexister et s’entraider.

Il est dans l'eau mais il craint l'eau,

Il renaît au soleil et au vent.

Il ne coûte presque rien,

Mais vaut plus que l'or.